Rapport Reiss sur la direction d'école : des propositions à négocier, des conditions préalables nécessaires

 Le rapport du député Frédéric Reiss « Quelle direction pour l'école du XXIème siècle » liste des constats utiles.

Il recèle ensuite un certain nombre de propositions intéressantes:

- reconnaître l'investissement du directeur et le conforter dans un rôle de « leader pédagogique » tout en favorisant la délégation de responsabilité au sein de l'équipe par la possibilité de décharges partagées,  fonder un contrat éducatif fondé sur le projet pédagogique,

- bâtir le pacte éducatif entre l'État et les collectivités,

- doter l'école d'un budget d'intervention

- expérimenter des écoles du socle commun,

- recentrer les missions des IEN sur leur cœur de métier …

 

Mais surtout, il décrit une démarche ouverte : le rapport exclut l'idée d'une construction administrative uniforme pour l'ensemble du territoire national, propose d'avancer par l'expérimentation avec une évaluation effectuée par un opérateur indépendant et promeut l'idée de labelliser des initiatives existantes plutôt que d'imposer un modèle prévu d'avance. Le rapport se garde bien de fournir un modèle clés en main et il renvoie à la négociation pour traduire les orientations en décisions concrètes.

 

Pour le Sgen-CFDT, les pistes proposées méritent d'être débattues. Pour cela le ministère devra ouvrir un cycle de négociations, mais surtout il devra le crédibiliser. La démarche proposée par le rapport n'est pas compatible avec l'orientation gouvernementale de suppression massive de postes. Il faudra choisir, ou le ministère veut construire l'école de demain et il s'engage dans la négociation, ou il s'entête dans son chantier de démolition et aucune évolution ne sera crédible. Parce que le statu quo n'est plus possible, le Sgen-CFDT est prêt à s'engager dans un débat constructif s'il est mené dans la transparence et dans un contexte qui en fasse autre chose qu'un dérivatif à l'idéologie de destruction du service public.