Master « enseignement » : voie sans issue pour des étudiants non admissibles aux concours.

 

Les résultats des épreuves d'admissibilité aux concours de professeurs des écoles sont connus. Des étudiants, inscrits dans des masters préparant aux métiers de l'enseignement, ne sont pas admissibles et vont poursuivre leur cursus afin d'obtenir leur master et pouvoir s'insérer professionnellement. En tous les cas, c'était ce qu'annonçaient les ministres Luc Chatel et Valérie Pécresse, lorsqu'ils ont publié les décrets sur la réforme du recrutement et de la formation des enseignants et des CPE.

 

Cependant, des recteurs viennent de faire savoir aux étudiants non admissibles qu'ils ne pourront effectuer ces stages. Le Sgen-CFDT s'élève contre ces décisions inacceptables : elles pourraient compromettre l'obtention par ces étudiants de leur master. Ces décisions sont prises en application des décrets adoptés avec l'abstention d'une partie de la représentation syndicale le 28 mai 2009 et qui fixe le calendrier des épreuves des concours avec une admissibilité en début de M2.

 

Les étudiants inscrits dans des masters conduisant aux métiers de l'enseignement n'ont pas à faire les frais de l'irresponsabilité qui a conduit à cette réforme. Admissibles ou non à un concours, tous doivent se voir garanties les conditions d'obtention du master : stage, mémoire, préparation au C2i2e et à une certification en langue pour pouvoir se représenter au concours.

 

Le Sgen-CFDT constate qu'après la dégradation des conditions de travail des personnels des IUFM, aujourd'hui très inquiets pour leur avenir, après la fermeture prévisible de certains sites IUFM départementaux, après des stagiaires affectés à plein temps dans des classes sans formation professionnelle, ce sont maintenant des étudiants qui pourraient faire une année d'études pour rien.

 

Non seulement la « masterisation » telle que le gouvernement l'a mise place est en train de détruire toute formation professionnelle des enseignants, mais elle s’impose dans une telle précipitation qu’elle déstabilise l’offre de formation universitaire et met bon nombre d’étudiants de M2 en grande difficulté. Cette catastrophe a déjà un impact sur le vivier de candidats aux concours. Bientôt, c'est pour l'ensemble du système éducatif que les conséquences se feront sentir.

 

Pour le Sgen-CFDT, le gouvernement doit abroger les décrets du 29 juillet 2009 et engager des négociations sur l'ensemble du processus de recrutement et de formation.